Le pigeon ramier, localement appelé palombe dans le sud-ouest de la France, est une espèce à la fois migratrice, hivernante et sédentaire selon les populations et les régions.

Le pigeon ramier ne présente pas de dimorphisme sexuel marqué : mâles et femelles ont un aspect très similaire. Les adultes possèdent un plumage d’ensemble gris bleuté, une petite tête au front bombé et un bec rouge rosé à la base, devenant jaune orangé à son extrémité. L’iris varie du jaune pâle au jaune citron. Son cou, long et flexible, présente des reflets métalliques verdâtres et pourprés, visibles entre deux larges taches blanches latérales caractéristiques.

Ses pattes, courtes et munies de quatre doigts relativement longs, lui permettent de se déplacer au sol et de se percher aisément dans les arbres.

Les juvéniles se distinguent des adultes par l’absence de collier blanc et par un plumage globalement plus brunâtre. Les jeunes présentent également un fin liseré chamois bordant certaines plumes du dessus de l’aile, notamment les couvertures et les scapulaires.
Le pigeon ramier est le plus grand représentant de la famille des Columbidés en Europe, avec une envergure d’environ 70 à 80 cm et un poids moyen d’environ 500 g.

Biologie

Le pigeon ramier est largement répandu en Europe. Son aire de répartition s’étend vers l’est jusqu’en Sibérie occidentale et en Irak. Une population sédentaire est également présente en Afrique du Nord.
Les jeunes sont capables de se reproduire dès leur première année. Le déclenchement de la reproduction est principalement influencé par la photopériode, mais également par les conditions environnementales, notamment le climat et la disponibilité des ressources alimentaires.
Espèce territoriale pendant la période de reproduction, le pigeon ramier devient grégaire lors des migrations et durant l’hivernage, où il peut former des rassemblements de plusieurs milliers d’individus.
La période de reproduction s’étend principalement de mars à septembre, avec un pic d’activité observé en juillet et août. La femelle pond généralement deux œufs et assure l’essentiel de la couvaison, qui dure environ 17 jours. Après l’éclosion, les deux parents participent au nourrissage des pigeonneaux pendant 22 à 30 jours au nid, puis continuent de les alimenter durant une à deux semaines après leur envol.
Le pigeon ramier possède un régime alimentaire essentiellement végétal, qui varie selon les saisons et les ressources disponibles. Il consomme des graines, des céréales, de jeunes feuilles, des bourgeons, des fleurs, des baies ainsi que diverses parties végétales, telles que les racines. Son alimentation peut être complétée occasionnellement par quelques invertébrés, notamment des chenilles, de petits escargots ou des vers de terre.

Le pigeon ramier en quelques chiffres

Répartition

Europe, Afrique du Nord, Asie occidentale

Ponte

Généralement 2 œufs

Incubation

Environ 17 jours

Séjour au nid

22 à 30 jours

Régime alimentaire

Principalement végétal

Comportement

territorial en reproduction, grégaire en migration et en hivernage

Habitat

À l’origine, le pigeon ramier était considéré comme une espèce essentiellement forestière, étroitement liée aux massifs boisés. Au fil du temps, il a toutefois démontré une remarquable capacité d’adaptation en colonisant progressivement les milieux agricoles.
Aujourd’hui, les paysages de bocage, caractérisés par une mosaïque de prairies, de cultures, de haies et de bosquets, constituent des habitats particulièrement favorables à l’espèce. Cette plasticité écologique lui a permis de tirer parti des transformations des paysages ruraux liées à l’évolution des pratiques agricoles depuis le XIXᵉ siècle.
Plus récemment, le pigeon ramier a également conquis les milieux urbains et périurbains, où il trouve des conditions propices à sa reproduction et une ressource alimentaire souvent abondante. Cette capacité d’adaptation explique en grande partie l’expansion de l’espèce dans une grande partie de son aire de répartition.

État des populations / tendance des populations

À l’échelle européenne, le pigeon ramier est considéré comme une espèce présentant un état de conservation favorable. Les dernières analyses du Pan-European Common Bird Monitoring Scheme (PECBMS) montrent que les populations européennes nicheuses demeurent en augmentation sur le long terme (1980-2024), même si cette progression tend à se stabiliser au cours de la dernière décennie (2015-2024).
En France, les suivis de long terme confirment cette dynamique positive. Les données issues du Suivi Temporel des Oiseaux Communs (STOC-EPS) mettent en évidence une forte augmentation des effectifs nicheurs depuis le début des années 2000, tandis que les estimations nationales récentes confirment que le pigeon ramier demeure aujourd’hui l’une des espèces d’oiseaux les plus abondantes du territoire métropolitain.

Concernant les populations migratrices, les suivis coordonnés depuis plus de vingt-cinq ans par le GIFS France sur les principaux axes de migration du Sud-Ouest montrent un passage globalement stable, avec d’importantes fluctuations interannuelles liées notamment aux conditions météorologiques, à la disponibilité des ressources alimentaires et aux modifications des stratégies migratoires.
Les comptages réalisés sur les cols pyrénéens confirment également la stabilité, voire une légère progression, des populations transpyrénéennes au cours des deux dernières décennies. Ces résultats sont cohérents avec les tendances observées à l’échelle européenne et témoignent du bon état de conservation de l’espèce.