Le pigeon colombin (Columba oenas) est l’un des plus petits représentants de la famille des Colombidés présents en Europe. Plus discret que le pigeon ramier, il se distingue par sa silhouette élancée, son plumage uniformément gris bleuté et l’absence de taches blanches sur le cou et les ailes.

Les adultes présentent une tête gris ardoisé, un cou aux reflets métalliques verts et violacés ainsi qu’un iris sombre, caractéristique de l’espèce. Le bec est gris noirâtre, terminé par une cire blanchâtre. Les ailes sont uniformes et ne présentent pas les larges bandes blanches visibles chez le pigeon ramier.

Les juvéniles possèdent un plumage plus terne, brun-gris, avec des reflets métalliques peu marqués et une coloration générale moins contrastée que celle des adultes.

Avec une envergure de 63 à 70 cm et un poids compris entre 250 et 350 g, le pigeon colombin est sensiblement plus petit et plus léger que le pigeon ramier.

Biologie

Le pigeon colombin est largement réparti en Europe, où il niche principalement dans les régions tempérées et boréales. Son aire de distribution s’étend jusqu’à la Sibérie occidentale et à certaines régions d’Asie centrale.
Selon les populations, l’espèce est migratrice, partiellement migratrice ou sédentaire. Les populations d’Europe du Nord et de l’Est effectuent des migrations automnales vers l’Europe occidentale et le bassin méditerranéen, tandis que celles d’Europe occidentale sont souvent plus sédentaires.
La reproduction débute généralement au printemps, entre avril et juillet, selon les conditions climatiques. Contrairement au pigeon ramier, le pigeon colombin niche presque exclusivement dans des cavités naturelles, principalement des loges de pics noirs, des cavités d’arbres âgés ou, plus occasionnellement, des bâtiments ou nichoirs artificiels.
La femelle pond généralement deux œufs, incubés pendant 16 à 18 jours. Les deux parents participent à l’élevage des jeunes, nourris au lait de jabot durant les premiers jours puis avec des graines et d’autres végétaux.
Le régime alimentaire est essentiellement végétal. Il est composé de graines sauvages, de céréales, de légumineuses, de jeunes pousses et de diverses plantes herbacées. Comme chez les autres colombidés, quelques invertébrés peuvent être consommés de manière occasionnelle.

Habitat

Le pigeon colombin affectionne les paysages mêlant forêts feuillues anciennes, zones agricoles extensives, prairies et bocages. La présence d’arbres âgés offrant des cavités naturelles constitue un élément déterminant pour sa reproduction.
L’espèce fréquente également certains parcs, alignements arborés et grandes ripisylves lorsqu’ils offrent des possibilités de nidification.
En migration et durant l’hivernage, les pigeons colombins utilisent volontiers les plaines agricoles, les cultures céréalières, les chaumes et les prairies où ils recherchent leur nourriture, souvent en compagnie d’autres colombidés.
La conservation des arbres sénescents, des haies et des paysages bocagers joue un rôle essentiel dans le maintien des populations nicheuses.

Le saviez-vous ?

Le pigeon colombin est un véritable “locataire” de la forêt !
Contrairement au pigeon ramier, le pigeon colombin niche presque exclusivement dans des cavités naturelles, principalement d’anciennes loges de pics, en particulier celles du Pic noir (Dryocopus martius). Plus rarement, il peut utiliser des cavités de bâtiments ou des nichoirs adaptés. Cette dépendance fait de la conservation des vieux arbres, des forêts matures et des paysages bocagers un enjeu majeur pour le maintien des populations nicheuses.

État des populations / tendance des populations

À l’échelle européenne, le pigeon colombin est considéré comme une espèce présentant un état de conservation favorable. Les évaluations récentes de BirdLife International et du Pan-European Common Bird Monitoring Scheme (PECBMS) indiquent une population globalement stable sur le long terme, avec des variations régionales selon les pays.
En France, les effectifs nicheurs apparaissent globalement stables, bien que certaines régions connaissent des évolutions contrastées liées à la disponibilité des habitats de reproduction et à l’évolution des pratiques agricoles.

Le pigeon colombin demeure une espèce beaucoup moins abondante que le pigeon ramier et fait l’objet d’une attention particulière en raison de sa dépendance aux cavités naturelles pour la nidification.
Les suivis conduits par le GIFS France, notamment dans le cadre des programmes de baguage scientifique et des suivis migratoires, contribuent à améliorer les connaissances sur les déplacements, la démographie et les populations hivernantes de cette espèce encore relativement méconnue.